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vendredi 28 mars 2025

santa piccola LGBT

"Naples est une ville de promiscuité, donc amusante. On peut y trouver de tout : de l’érotisme, de la beauté, du sacré et du profane", pour reprendre les mots du vainqueur du Lion d’argent de la 78e Mostra de Venise, Paolo Sorrentino. Silvia Brunelli semble pleinement d'accord avec cette description, à en juger son premier long-métrage, La santa piccola [+], également au programme de la Mostra, dans le cadre du volet Biennale College Cinema. "Érotisme, beauté, sacré et profane" sont exactement les ingrédients que Brunelli (née en 1988) mélange dans son film, une fable douce-amére tournée dans le quartier Rione Sanità de la cité parthénopéenne, lieu où se produisent vraiment, semble-t-il, des miracles. C'est à une édition du festival vénitien qui célèbre plus que jamais Naples et les napolitains à travers les films de sa sélection (La Main de Dieu [+], Qui rido io [+], Ariaferma [+], Il bambino nascosto [+], Il silenzio grande [+]) que débarque cet intéressant petit film tiré du livre du même nom de Vincenzo Restivo qui dépeint, avec le Vésuve pour toile de fond, le spectacle haut en couleurs des croyances populaires et parallèlement le parcours érotico-existentiel de deux amis inséparables. Le début du film est explosif : lors d'une procession religieuse guidée par Don Gennaro (Gianfelice Imparato), une colombe vient s'écraser sur la statue de la Madone et tombe au sol, sans vie. L'instant d'après, une tendre enfant au visage angélique s'approche, lui fait une caresse, et l'oiseau reprend son vol. Miracle ! La petite s’appelle Annaluce (Sophia Guastaferro) et à partir de ce moment, pour les habitants du quartier, c’est la "petite sainte". On fait ensuite connaissance avec son grand frère Lino (Francesco Pellegrino), inséparable de son meilleur ami Mario (Vincenzo Antonucci), avec lequel il partage une grande passion pour le football, les soirées en boîte et des expériences sexuelles, y compris monnayées, qui se font de plus en plus ambiguës. C’est à Lino qu’il incombe de ramener de l'argent à la maison et de s’occuper de sa petite sœur ainsi que de sa mère Perla (Pina di Gennaro), qui est constamment plongée dans un état de torpeur dépressive, une cigarette au bec, et oublie de faire les courses, parfois aussi de fermer le gaz. Tout change quand leur domicile, dont ils n’arrivent plus à payer le loyer, devient une destination de pèlerinage et voit des hordes de fidèles débarquer pour demander à Annaluce la grâce en échange de jouets, de plateaux de pâtisseries et, surtout, d’argent. D'un coup, grâce à cette nouvelle "activité", la maman semble renaître alors que pour Lino, il semble qu'il n'y ait plus de place ("maintenant, c'est un lieu sacré ici", "ta sœur est miraculeuse et elle doit être bien", "ne t'en mêle pas, Dieu nous aide enfin"). Ainsi, le garçon se réfugie chez son ami Mario, qui entretemps a développé des sentiments de plus en plus ambigus vis à vis de Lino, qui vont bien au-delà de l’amitié fraternelle. La santa piccola, sorti du laboratoire de la Biennale de Venise, qui soutient depuis 2012 la production de premiers et deuxièmes films à petit budget, est une fresque tantôt légère, tantôt dramatique sur une humanité partagée entre le sacré et le profane, qui d’un côté frôle parfois le surréaliste, mais de l'autre déploie tout un côté plus charnel, voire cru. Le film, écrit par la réalisatrice avec rancesca Scanu, évolue entièrement sur ces deux voies parallèles qui ont un peu de mal à dialoguer entre elles, en perdant à la longue l'énergie de la prémisse initiale. Cela dit, pour sa sensibilité et l’originalité du regard qu'il propose, le film reste un premier long-métrage très plaisant et prometteur. La santa piccola a été produit par Rain Dogs avec l'aide des entités locales Mosaicon Film, Antracine, Nuovo Teatro Sanità et Académie des beaux-arts de Naples. Les ventes internationales du film ont été confiées à Minerva Pictures Group e TVCO.

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